Vous pensez être en règle côté sécurité incendie ? Beaucoup de responsables d’entreprise le croient. Et pourtant, lors d’un contrôle, les non-conformités les plus courantes ne sont pas des oublis extraordinaires. Ce sont des détails du quotidien, des petites négligences accumulées qui, mises bout à bout, exposent votre établissement à des sanctions administratives, voire à une fermeture temporaire. Voici les quatre erreurs que nos partenaires techniciens rencontrent le plus souvent sur le terrain, et surtout, comment les éviter.
L’extincteur oublié : présent, mais inutile
Un extincteur accroché au mur, ça rassure. Mais s’il n’a pas été contrôlé depuis deux ans ou plus, il ne vous protège plus vraiment, ni sur le plan opérationnel, ni sur le plan légal.
En Suisse romande, les prescriptions de l’AEAI imposent un contrôle périodique des extincteurs, généralement tous les 1 à 3 ans selon le type d’appareil et le canton concerné. Un extincteur périmé, endommagé ou dont la pression est insuffisante sera immédiatement relevé comme non-conforme lors d’une inspection.
Ce que l’on observe souvent sur le terrain :
- la date du dernier contrôle dépasse largement le délai réglementaire
- l’appareil est positionné à un endroit peu accessible ou partiellement caché
- le type d’extincteur ne correspond pas au risque présent dans la zone (feu de classe A, B, C ou électrique)
Chaque extincteur doit être adapté à l’usage, signalé clairement et vérifié régulièrement par un technicien qualifié.
Mini astuce : notez la date du prochain contrôle directement dans votre agenda dès la fin de l’intervention. Cela évite les oublis.
Les issues de secours : un accès bloqué peut tout changer

C’est l’une des erreurs les plus fréquentes, et aussi l’une des plus dangereuses. Une issue de secours bloquée par des cartons, des meubles ou simplement verrouillée sans accès rapide, c’est une voie d’évacuation qui ne remplit plus sa fonction.
Lors d’un incendie, chaque seconde compte. Une sortie obstruée peut empêcher l’évacuation rapide de vos collaborateurs et aggraver considérablement les conséquences d’un sinistre. Les autorités de contrôle vérifient systématiquement l’accessibilité des issues, leur signalisation lumineuse et leur bon fonctionnement.
Les points de vigilance à vérifier dès maintenant :
les portes coupe-feu se ferment-elles correctement et sans effort excessif ?
les panneaux de signalisation d’évacuation sont-ils visibles et alimentés ?
les dégagements devant les sorties sont-ils libres en permanence ?
Un audit de protection incendie réalisé par un professionnel permet d’identifier ces points en un seul passage, sans avoir à tout vérifier soi-même.
Mini astuce : faites un tour rapide de vos locaux une fois par mois, en vous mettant dans la peau d’un inspecteur. Vous repérerez la plupart des problèmes visibles en moins de dix minutes.
Les détecteurs de fumée non testés : une fausse sécurité coûteuse
Votre système de détection automatique incendie est installé depuis plusieurs années, mais personne ne se souvient de la dernière fois qu’il a été testé ? C’est un risque réel, et une non-conformité fréquente relevée lors des audits.
Les normes suisses, notamment la norme EN 54 pour les systèmes de détection incendie, prévoient des vérifications régulières du bon fonctionnement des détecteurs de fumée, de chaleur et de flammes. Un détecteur encrassé, défaillant ou simplement déconnecté ne déclenchera pas l’alarme au bon moment.
Les erreurs les plus courantes dans ce domaine :
- des détecteurs dont la pile n’a jamais été remplacée
- des centrales d’alarme affichant des défauts non traités depuis des semaines
- des zones non couvertes suite à des travaux de réaménagement intérieur
Un système de détection incendie, pour être vraiment fiable, doit être entretenu selon un calendrier défini et confié à des techniciens formés à cet effet.
Mini astuce : demandez à recevoir un rapport d’intervention après chaque maintenance. Ce document vous servira de preuve de conformité en cas de contrôle ou de sinistre.
L’absence de formation des équipes : le maillon manquant

Vous pouvez avoir les meilleurs équipements du monde. Si personne ne sait s’en servir, ils perdent une grande partie de leur utilité. La formation à la sécurité incendie est pourtant souvent reléguée au second plan, faute de temps ou de budget alloué.
Or, les directives cantonales de protection incendie prévoient que les collaborateurs doivent être en mesure de réagir efficacement face à un départ de feu. Savoir utiliser un extincteur, connaître les points de rassemblement, identifier les responsables évacuation, tout cela s’apprend et se pratique.
Ce que cela implique concrètement pour votre entreprise :
- organiser une formation pratique à la manipulation des extincteurs pour vos équipes
- désigner des responsables d’évacuation par zone ou par étage
- mettre à jour les consignes de sécurité incendie affichées dans vos locaux
Les formations dispensées par nos partenaires sont réalisées sur site, selon des standards reconnus par les autorités de prévention incendie. Elles durent généralement une demi-journée et peuvent être adaptées à la taille de votre établissement.
Mini astuce : intégrez un exercice d’évacuation dans votre planning annuel. Une simulation réelle, même courte, ancre les bons réflexes bien mieux qu’une simple note de service.
FAQ
Ce que vous vous demandez avant votre prochain contrôle incendie
Vous avez des doutes sur votre situation actuelle ? Voici les questions les plus fréquentes, avec des réponses concrètes pour vous aider à y voir plus clair.
Quelles sont les sanctions encourues en cas de non-conformité incendie en Suisse ?
Les sanctions varient selon les cantons, mais elles peuvent aller d’une mise en demeure de mise en conformité à une amende administrative, voire à une fermeture temporaire de l’établissement. Dans les cas graves, notamment pour les établissements recevant du public, les autorités cantonales peuvent ordonner la cessation d’activité jusqu’à régularisation complète. Il est donc fortement conseillé d’anticiper les contrôles plutôt que de les subir.
À quelle fréquence doit-on faire contrôler ses équipements de protection incendie en Suisse romande ?
La fréquence dépend du type d’équipement et du canton. Pour les extincteurs, un contrôle tous les 1 à 3 ans est généralement requis selon les prescriptions de l’AEAI. Les systèmes d’alarme et de détection automatique font l’objet de maintenances annuelles, parfois semestrielles pour les établissements à risques élevés. Un technicien qualifié peut établir un plan de maintenance adapté à votre situation.
Un audit de protection incendie est-il obligatoire pour toutes les entreprises ?
Pas systématiquement, mais il est vivement recommandé pour toute structure accueillant du personnel ou du public. Les établissements recevant du public, les industries et les immeubles de grande hauteur sont soumis à des obligations de contrôle plus strictes. Pour les PME et TPE, un audit volontaire permet d’identifier les non-conformités avant qu’elles ne soient relevées lors d’un contrôle officiel, ce qui laisse le temps de corriger les points problématiques sereinement.
Comment savoir si mon système de détection incendie est conforme à la norme EN 54 ?
La norme EN 54 encadre la conception, l’installation et la maintenance des systèmes de détection et d’alarme incendie en Suisse. Pour vérifier la conformité de votre installation, il faut disposer d’un rapport de mise en service établi par l’installateur, ainsi que des rapports de maintenance annuels. Si ces documents sont manquants ou trop anciens, un technicien certifié peut effectuer un diagnostic complet de votre installation et vous remettre un bilan de conformité.
Votre prochain contrôle approche ou vous avez un doute sur votre niveau de conformité incendie ? Décrivez votre situation et nous identifions avec vous le professionnel le mieux placé pour vous accompagner.